Les abus du droit d’auteur

Nous connaissons tous le droits d’auteurs, il définit qui a le droit de faire (ou d’accorder) l’usage d’une œuvre et d’en être rémunéré. Malheureusement en tant que dj, on est souvent amené à s’y confronter, voir à l’enfreindre.

De manière très concrète, l’usage et la diffusion d’œuvres artistiques est réglementée, les diffusions télés, radios, et dans des lieux publiques sont soumises à des barèmes/forfaits qui permettent de rétribuer nos artistes (tant mieux).
Si l’usage doit être fait à titre promotionnel (publicité, illustration sonore ou autres) il faut avoir l’accord des ayants droits (pas toujours l’artiste lui même).

Là où ça se complique pour un dj, c’est l’usage en terme d’outil promotionnel : je fais un mix que je mets sur le net ou que je diffuse autrement. En théorie je devrais avoir l’accord de tout ceux qui détiennent les droits de la matière utilisée. Concrètement, ce n’est pas très souvent le cas, hormis les sorties officielles sur cd, plates-formes officielles (et encore !).

Pourquoi les djs ne respectent-ils pas le droit à la lettre ?
Et bien à cela plusieurs raisons :

  • retrouver qui peut donner son accord est parfois compliqué
  • une demande en bonne et due forme peut attendre longuement avant de recevoir une réponse qui peut s’avérer défavorable malgré le délai.
  • la plupart des demandes resteront lettres mortes : même pas une réponse négative…
  • certains vous demanderont directement de l’argent, semblant s’imaginer que vous allez vous enrichir avec leur travail
  • qui profite de l’effet promotion ? le dj ou les artistes ?
  • que se passe-t-il si les ayants droits font un blocus pour laisser mourir une œuvre ?

Fort heureusement, tant qu’il n’y a pas d’enrichissement personnel du dj (ventes concrètes du mix), il n’y a pas vraiment de conséquences/poursuites importantes, tout au plus un rappel à l’ordre (on vous demande de retirer le contenu litigieux) ou une censure (désactivation du média concerné). Bien évidement tout dépend de qui vous êtes, et les demandes de sanctions sont plutôt « à la tête du client », en fonction de son envergure et de sa notoriété (les 2 sont souvent liés mais pas toujours).

Mais pourquoi avoir choisi un titre pareil ?
Comme toute chose, il y a effectivement des abus du droit d’auteurs et plutôt de la part des ayants droits qui ne sont pas toujours les artistes eux mêmes.
Exemple :
Vous av(i)ez un disque vinyl auquel vous ten(i)ez énormément (valeur sentimentale, rareté). Ce disque n’a jamais été ré-édité en cd, ni même en numérique, rien, la seule et unique forme de cette œuvre est cette galette noire en direct des années 70 ou 80.
Si vous demandez aux ayants droits de la ré-éditer, ceux-ci vont avant tout regarder la rentabilité de l’opération et si ça ne leur convient pas refuser de démarrer le chantier : normal, c’est leur droit le plus absolu.
Mais si par malheur, vous décidez de numériser vous même ce cher vinyl si rare et de le partager (pas vendre !!!) avec d’autres personnes, ou encore de le sampler, de le remixer, de l’utiliser dans votre mix :  il vous en coûtera les foudres de ceux qui refusent d’en faire quelque chose. On en arrive ainsi à des situations où une œuvre n’est plus disponible et il y a un blocus dessus qui la rend « inutilisable ».

Si ça n’est pas encore clair pour vous : cette œuvre va disparaître, et dans certains cas, il s’agit de pans entiers de culture qui deviennent intransmissible.

Mais pourquoi refuser de libérer certaines œuvres ?
La raison majeure est que désormais beaucoup de droits musicaux s’apparentent un peu à des brevets : on en fait rien mais si quelqu’un s’en sert on va toucher de l’argent.
La seconde raison est encore plus affligeante : les œuvres sont des produits, si on les fait durer (ré-édition) ou qu’on les recycle (sampling, remix) on continue de les faire vivre. Sauf que dans le cadre d’une obsolescence programmée, ça vous empêchera de faire de la place pour de nouveaux produits donc plus vite certaines œuvres sont oubliées, plus vite on pourra les remplacer (donc vendre).

La musique est un business, et le consumérisme qui en découle explique le cycle de vie si court des œuvres courantes, le taux de renouvellement si élevé, la baisse de qualité générale, mais surtout la mise sous verrou de nombreuses œuvres vouées à disparaître.

Le droit d’auteur est certes indispensable mais dans de mauvaises mains ou pour de mauvaises raisons, il peut se révéler plus destructeur que protecteur.

Et pour illustrer tout ceci, je vous recommande cette vidéo : RIP!: A remix manifesto

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