Une histoire de Serato

La marque emblématique de la Nouvelle-Zélande, éditeur logiciel à l’origine du plugin Pitch’n Time pour station audio-numérique (DAW) Protools à trouvé en la personne de Rane (constructeur de matériel Américain) un partenaire de choix. Le produit issue de leur collaboration à savoir ScratchLive, les a placés en tête de la pyramide si bien qu’on parle d’un Serato tout comme on pourrait parler d’un Frigidaire ou d’un Bic…

Rane_SL1_original_2004

Malheureusement, ce système fermé, ne pouvant utiliser que du matériel de la marque Rane (boitier SL1, table TTM57 et MP4) a certes connu son heure de gloire avec des scores de vente édifiants (représentativité dans le milieu) mais au moment du ralentissement des ventes due au manque de renouvellement de la gamme chez Rane, assurait nettement moins de revenu à Serato qui n’en touchait que des royalties (ou %) sur les ventes du matériel Rane (le logiciel étant censé être gratuit).

Une très forte dépendance

On a alors assisté à une tentative de diversification où l’on commençait à voir d’autres marques apparaître dans le logiciel (Denon, Pioneer, Novation), toutefois ces nouveaux constructeurs devaient payer un ticket d’entrée pour appartenir à cet écosystème et ne devait pas se retrouver en concurrence direct avec Rane, c’est à dire ne pas proposer la même chose.
L’idée de génie est venue de la création de Itch, grâce à ce logiciel orienté contrôleur midi et usb, ScratchLive (incluant Rane) n’aurait pas à s’accommoder des autres. Les nouveaux constructeurs (Vestax, Allen & Heath, Numark) et matériels ce sont donc multipliés au sein de ce deuxième produit qui était développé parallèlement à ScratchLive : 2 fois plus de travail, 2 fois plus de développement, peu de choses transposables, des différences de plus en plus marquées entre les 2, la notion de marque devenait diffuse.

Tout viens à point…

Hasard ? Après 10ans de bons et loyaux service, l’arrêt de ScratchLive est prononcé (voir la vidéo plus bas). J’imagine que le contrat est arrivé à son terme, et que Rane n’aurait plus le monopole dans la balance des comptes de Serato.

[vimeo https://vimeo.com/73431421]

On en profite pour dégager au passage Itch, et on repars sur un tout nouveau logiciel SeratoDJ, où la marque est beaucoup plus visible. Architecture unifiée, un seul programme qui peut aussi bien gérer des platines en timecode que des contrôleurs dj en midi, et deuxième idée de génie : vendre des fonctions sous formes de plugins (voilà qui me rappel les achats in-app sur mobiles).
Un meilleur master tempo ? de la vidéo ? des effets plus variés ? Tout ce que vous souhaiter est disponible en option (il faut donc payer).

ScratchLive - Itch - SeratoDJ

ScratchLive – Itch – SeratoDJ

Plus de débouchés = plus de profits

Nous sommes ainsi passé d’un éditeur lié au bon vouloir des ventes et de la promotion d’une plateforme (Rane) à un éditeur qui travaille avec tout le monde (multiplication des sources de revenu) sur toutes les gammes de produits (on couvre ainsi un large spectre d’utilisateurs) et avec des prix de licences beaucoup plus abordables (le % de Rane n’est plus inclus dans le prix). Le bonus c’est que désormais Serato peut également vendre aux particuliers alors qu’avant ils ne vendaient qu’aux constructeurs qui eux même revendaient aux particuliers (nuance de taille !). Autrement dit ils ne font plus exclusivement que de l’oem…

Le revers de la médaille

Il y a eu un glissement d’une cible très pro à une cible beaucoup plus grand public, ce qui induit beaucoup de gens peu formés ou informés, plus de problèmes de configurations, d’utilisations, plus de bugs, des fonctionnalités bidons qui font crier au scandale les utilisateurs de la première heure : une sorte  d’élitisme nostalgique dirons nous.
On trouve également tout et n’importe quoi désormais sous le giron de Serato, ce qui n’était pas le cas auparavant où seuls les plus gros constructeurs (fortunés) pouvaient se permettre de toquer à la porte de l’éditeur, aujourd’hui on est d’avantage en mode tout venant, il y a probablement des limites à l’indécence qu’ils ne veulent pas franchir, mais on commence à voir de tout, mais alors vraiment de tout !

L’avenir est à l’ouverture

Serato fait preuve de plus en plus d’ouverture, désormais d’autres constructeurs peuvent proposer des tables de mixages compatible Serato tel que l’ AMX de Akai, la DJM 900 SRT, le plugin « Club Kit » qui débloquera quelques mixeurs de chez Allen & Heath, Pioneer en rendant compatible leur carte son interne. Mais la grosse surprise est bien venu de Denon qui proposera dans le courant de l’année, sa propre carte audio (boitier) compatible Serato : le Denon DS1 (visible dans l’image du dessous). Une page se tourne même si Rane va probablement garder des relations privilégiées avec Serato.

Denon_DS1_SeratoDJ

Pour en savoir plus :
http://www.nzmusician.co.nz/index.php/pi_pageid/8/pi_articleid/1222/pi_page/1
http://www.djworx.com/skratchworx/rf_serato_interview.php

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3 réflexions sur “Une histoire de Serato

  1. Pingback: Traktor une vraie révolution ? | SPARK 972

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